CHANTIER DE L’UTOPIE

Djos Janssens, Emilio Lopez Menchero, Marc Rossignol, Eric Stenmans et Chris Straetling.

Est un projet qui a pris sa genèse en 2003 avec « Ensemble séparés », qui était une exposition collective sous le commissariat de Chris Straetling avec les artistes : Djos Janssens, Emilio Lopez Menchero, Marc Rossignol et Eric Stenmans.

Cette exposition s’était déroulée à Anvers au centre d’art : « Factor 44 ». Suite à cette première édition, nous voulions à l’époque créer son pendant en Wallonie et plus précisément à Liège. Eric et Marc étaient très sensibles à cette ville, de plus que la galeriste d’Emilio n’est autre que Nadja Vilenne, dont sa galerie se trouve dans la cité ardente. Toutes nos envies convergeaient pour la création de cette deuxième édition mais Eric Stenmans, nous a malheureusement quitté en 2009. Aujourd’hui, c’est dans une volonté de lui rendre hommage que nous réaliserons ce deuxième volet « Chantier de l’utopie ». Il verra le jour au mois de septembre 2011 au centre d’art « Les brasseurs » à Liège et le cœur de cette exposition sera la pièce d’Eric « Le chantier de l’utopie », qui nous a inspiré pour son titre.

Les artistes de l’exposition « Chantier de l’utopie » (septembre 2011) seront :

Djos Janssens, Emilio Lopez Menchero, Marc Rossignol, Eric Stenmans et Chris Straetling.

« Le chantier de l’utopie » Cette pièce trouve sa matière le 26 septembre 1997. Une réplique d’un séisme ravage le centre de l’Italie et provoque l’effondrement des voûtes de la basilique Saint-François  à Assise.  Joyau du 13ème siècle, la basilique abrite 28 fresques de Giotto et une crucifixion de Cimabue inscrites au patrimoine artistique mondial. L’autel central est écrasé sous les pierres et quatre personnes tuées (deux prêtres et deux techniciens) venus constater les dégâts causés la veille par une première secousse. La scène, filmée par la RAI uno, rencontre une diffusion internationale le 28 novembre 1999. Pour beaucoup la reconstruction, baptisée «chantier de l’utopie», et la réouverture ce matin de l’édifice tiennent du miracle. Des milliers d’heures ont été nécessaires aux nombreux bénévoles et aux dizaines de restaurateurs  pour assembler plus de 300.000 fragments parfois minuscules, travail de fourmis pour reconstituer ces véritables puzzles géants. Coût des travaux : 36.875.000 euros. Paradoxe, deux après le séisme, 10.000 personnes dont les maisons ont été détruites s’apprêtent à passer leur troisième hiver dans des pré-fabriqués.

L’œuvre « Le chantier de l’utopie » sera la première confrontation avec le public, elle se situera dès l’entrée du centre d’art « Les brasseurs ». Elle fera office de cœur et d’axe central pour toutes les autres œuvres qui graviteront autour d’elle. L’annexe sera l’introduction par le biais des archives de Chris Straetling et du Factor 44 (exposition « Ensembles séparés ») + des archives de Eric Stenmans. Sur les murs de L’annexe seront accrochées des photos et une performance de Chris Straetling sera exécutée pour le vernissage de l’exposition.

« Chantier de l’utopie » est une exposition dans la lignée de mes recherches et de mes préoccupations en matière d’installation « in situ », faisant intervenir des concepts à la fois plastiques, visuels et sonores, avec la volonté constante, de projet en projet, de ne pas utiliser des matériaux nobles. Celle-ci prendra place dans la cave du centre d’art « Les Brasseurs » avec un tapis rouge qui démarrera du rez-de-chausée de celui-ci pour terminer dans le mur du fond de la cave ; sur ce mur je peindrai un texte en peinture phosphorescente autour de la tribu des Sénoïs, qui organisaient leurs journées autour des rêves qu’ils avaient fait la veille.Le tapis rouge sera accompagné de piquets reliés entre eux avec des cordes. Une gestion informatique sera créée, afin que la lumière charge la peinture phosphorescente et donne toute l’intensité de cette pièce. D’autres espaces du centre d’art « Les Brasseurs » seront investis par d’autres œuvres personnelles, mais comme nous allons ensemble articuler toutes les pièces de chacun, à ce stade-ci, nous ne pouvons pas encore le définir. Les problématiques abordées dans ce projet particulier s’inspirent de réflexions concernant nos sociétés qui composent le monde, et plus particulièrement la nôtre en corrélation avec celle des Sénoïs. Sur différents abords de ces deux sociétés, je tenterai d’opposées celles-ci à plusieurs étapes dans cette expositions.

L’utopie : pays imaginaire où un gouvernement idéal règne sur un peuple heureux.

              2° Idéal, vue politique ou sociale qui ne tient pas compte de la réalité.

             Chimère, illusion, mirage, rêve, rêverie.

« Chantier de l’utopie » rêves et réalités se croisent, s’opposent dans une dimension réflexive et plastique. La misère est un des piliers de l’utopie et elle nous permettra d’ouvrir le champ de la réflexion sur ce sujet. Dans nos sociétés de rentabilité, les utopies ont-elles encore raisons d’être ?

© photos  Germain Ozer  /   Pierre Charlier